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19 février 2008

Maurice Blanchot

"La parole poétique n'est plus parole d'une personne: en elle, personne ne parle et ce qui parle n'est personne, mais il semble que la parole seule se parle. Le langage prend alors toute son importance; il devient l'essentiel; le langage parle comme essentiel, et c'est pourquoi la parole confiée au poète peut être dite parole essentielle. Cela signifie d'abord que les mots, ayant l'initiative, ne doivent pas servir à désigner quelque chose ni donner voix à personne, mais qu'ils ont leurs fins en eux-mêmes." (p.42)
 
"La poésie n'est pas donnée au poète comme une vérité et une certitude dont il pourrait se rapprocher; il ne sait pas s'il est poète, mais il ne sait rien plus ce qu'est la poésie, ni même si elle est; elle dépend de lui, de sa recherche, dépendance qui toutefois ne le rend pas maître de ce qu'il cherche, mais le rend incertain de lui-même et comme inexistant. Chaque œuvre,chaque moment de l'œuvre remet tout en cause et celui qui ne doit se tenir qu'à elle, ne tient donc à rien. Qui qu'il fasse, elle le retire de ce qu'il fait et de ce qu'il peut." (p.106)
 
 
In L'espace Littéraire 

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