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31 janvier 2008

Traduire, journal

Les éditions NOUS (4 chemin de Fleury 14000 - Caen) publient, avec l'aide du Conseil Régionale et de la DRAC de Basse-Normandie "Traduire, journal" de Jacques Roubaud.

On sait que Jacques Roubaud a consacré une grande partie de sa vie, outre sa propre production littéraire, à la traduction de textes de différentes origines depuis les textes d'indiens d'Amérique du Nord jusqu'aux poètes américains contemporains, en passant par les troubadours ou les classiques japonais. Traduire est donc pour lui une autre façon d'écrire.

Dans cet ouvrage il rassemble des essais de traduction de poésie qu'il n'a jamais publiées mais qui ont jalonné une grande partie de sa vie d'écrivain. Certains datent de trente ans dont il dit qu'il s'agit "de tentatives encore inabouties (même si leur début a dix vingt, ou trente ans)", d'autres sont plus récents. On y trouvera bien sûr un très grand nombre de poètes américains, la plupart de ceux dont Jacques Roubaud s'est inspiré ou qu'il a déjà eu l'occasion de promouvoir et de défendre avec des textes de Dante, Gary Snider, Louis Zukofsky, Paul Blackburn, Jackson Mac Low, Armand Schwermer, Jerome Rothenberg, David Antin, Gertrude Stein, Jack Spicer, Charles Olson, Charles Reznikoff, Carl Rakosi, Georges Oppen, Peter Riley, William Bronk, Keith Waldrop, Arnaut Daniel, Gerard Manley Hopkins, Clark Coolidge, Ron Padgett, Ted Berrigan, Oskar Pastior, Christopher Middleton, Mina Loy, Robert Kelly. Quoi qu'il en soit leur lecture est très intéressante, Jacques Roubaud ayant un rapport très riche à la langue, ses parti pris sont souvent audacieux, créatifs, rarement quelconques. Le choix des textes est déjà remarquable, les interprétations qu'il en propose enrichissantes.

Comme souvent chez Jacques Roubaud son livre contient aussi un clin d'œil, Jacques Roubaud se traduisant lui-même en anglais:

 

cela, c'est à

 

il entendit cela. c'est à dire que cela

il l'entendit, mais le mettant de côté, ni

tout à fait pour le taire. ni pour le dire

en quelque sorte. puisqu'il n'y avait pas quoi

le dire. c'était un peu. c'était comme

pérallélogrammes des fleurs en équilibre toi

dépité de la parole. Tancrède

consigné dans l'œsophage. les indes

ennemies. c'est à dire que cela

il l'entendait.

 

that. which

 

he heard that. which means that this

he heard. but putting it aside. not

exactly to keep it silent, nor in a way

to tell it. because there was nothing

telling. it was some. it was as

a parallelogram of flowers in balance you

disappointed with speech. Tancred

locked inside the windpipe. India

an enemy. which means that this

he woul hear. 

 

Un livre qui me semble indispensable pour tous ceux qui s'intéressent à la création et aux rapports étranges entre les langues.

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30 janvier 2008

La poésie et les femmes selon Théophile Gautier

Il est vrai que les femmes ne s'entendent pas plus en poésie que les choux et les roses, ce qui est très naturel et très simple, étant elles-mêmes la poésie ou tout au moins les meilleurs instruments de poésie: la flûte n'entend ni ne comprend l'air que l'on joue sur elle.
 
Mademoiselle de Maupin 

14:51 Publié dans Réflexions théoriques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note