« 2006-09 | Page d'accueil | 2006-12 »

14 novembre 2006

Enfin de la poésie…

medium_Annonce_RE_2.jpg
 
 
Lecture de poésie européenne:
 
Médiathèque de Choisy-le-Roi (RER C) vendredi 24 novembre 2006 19 heures
Médiathèque d'Ivry-surSeine (Métro Mairie d'Ivry) samedi 25 novembre 2006 15 heures. 

06:30 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

07 novembre 2006

Carnets de nul retour

medium_JO.jpg Le dernier recueil publié par Joseph Julien Guglielmi, "Carnets de nul retour" change assez radicalement de la forme d'écriture à laquelle ce poète nous avait jusque là habitué. Lui qui excellait dans les poèmes abondants, prolifiques, multipliant les jeux sur la langue et entre les langues, parfois proches du collage… nous donne ici un recueil pudique, retenu, avare de mots mais d'une profondeur singulière comme si ce dont il avait décidé de parler était de l'ordre de l'indicible, de ces choses si personnelles — et à la fois si universelles — que les dire était se mettre à nu et, en même temps, apparaître comme un individu parmi d'autres, semblable aux autres, sans recul…

 

Il y a là quelques soixante dix textes constitués de mots rares résonant fortement dans le silence que la mise en page installe entre eux sans recherche d'effet particulier, une écriture mûre, aboutie, qui n'a pas besoin de chercher des "effets", la poésie — dont la typographie n'a d'autre but, que de créer un rythme lent, comme essouflé, un rythme de "fatigue", de mesure, de pondération — repose alors sur la mise en valeur des mots, le plus souvent ordinaires, sans affectation, qui acquièrent ici un poids, une force singulière.

 

Des textes qui vont au plus profond de l'ordinaire.

 

un peu

de

chant

 

et

 

il rejette

le

"je t"aime"

 

sculpte

sa

matière

réfractaire 

 

 

15:10 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

01 novembre 2006

Henri Deluy, Les arbres noirs

Dernier recueil d'Henri Deluy aux éditions Flammarion dans la collection Poésie. Toujours la même retenue, la même densité de texte, le désir de gratter la langue jusqu'à l'os pour éliminer les sentiments faciles, les mécanismes expressifs, les habitudes de pensée avec pour résultat une écriture à la fois pudique et sensible à l'extrême. Un recueil divisé en six parties à l'approche différente du vers, du rythme, du rapport au monde:

 

Vingt-quatre heures diminuaient

  A disposer de toi-même, à déchirer

     Ces éponges qui tombaient parmi les

        Chênes, les cyprès, les coffres, les carrés

           Tu ne laissais qu'une empreinte de craie

              Sur le revers des tuiles brunes.

 (I c, p.52)

 

Tu avais par trois fois traversé

   Le ravin, ce même jour, et

 

La grêle avait cinglé ton visage.

   Peut-être connaissais-tu

 

Cette marge, Ingeborg, peut-être

   Savais-tu ce que tu faisais.

(IV, p.140)

 

210 pages à lire d'urgence.
 

06:19 Publié dans lecture | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note