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14 novembre 2006
Enfin de la poésie…
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07 novembre 2006
Carnets de nul retour
Le dernier recueil publié par Joseph Julien Guglielmi, "Carnets de nul retour" change assez radicalement de la forme d'écriture à laquelle ce poète nous avait jusque là habitué. Lui qui excellait dans les poèmes abondants, prolifiques, multipliant les jeux sur la langue et entre les langues, parfois proches du collage… nous donne ici un recueil pudique, retenu, avare de mots mais d'une profondeur singulière comme si ce dont il avait décidé de parler était de l'ordre de l'indicible, de ces choses si personnelles — et à la fois si universelles — que les dire était se mettre à nu et, en même temps, apparaître comme un individu parmi d'autres, semblable aux autres, sans recul…
Il y a là quelques soixante dix textes constitués de mots rares résonant fortement dans le silence que la mise en page installe entre eux sans recherche d'effet particulier, une écriture mûre, aboutie, qui n'a pas besoin de chercher des "effets", la poésie — dont la typographie n'a d'autre but, que de créer un rythme lent, comme essouflé, un rythme de "fatigue", de mesure, de pondération — repose alors sur la mise en valeur des mots, le plus souvent ordinaires, sans affectation, qui acquièrent ici un poids, une force singulière.
Des textes qui vont au plus profond de l'ordinaire.
un peu
de
chant
et
il rejette
le
"je t"aime"
sculpte
sa
matière
réfractaire
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01 novembre 2006
Henri Deluy, Les arbres noirs
Dernier recueil d'Henri Deluy aux éditions Flammarion dans la collection Poésie. Toujours la même retenue, la même densité de texte, le désir de gratter la langue jusqu'à l'os pour éliminer les sentiments faciles, les mécanismes expressifs, les habitudes de pensée avec pour résultat une écriture à la fois pudique et sensible à l'extrême. Un recueil divisé en six parties à l'approche différente du vers, du rythme, du rapport au monde:
Vingt-quatre heures diminuaient
A disposer de toi-même, à déchirer
Ces éponges qui tombaient parmi les
Chênes, les cyprès, les coffres, les carrés
Tu ne laissais qu'une empreinte de craie
Sur le revers des tuiles brunes.
(I c, p.52)
Tu avais par trois fois traversé
Le ravin, ce même jour, et
La grêle avait cinglé ton visage.
Peut-être connaissais-tu
Cette marge, Ingeborg, peut-être
Savais-tu ce que tu faisais.
(IV, p.140)
210 pages à lire d'urgence.
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